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Élevage de la vallée de Ròse-Aups



Le point sur cette pratique.

 

Dans le monde aviaire, et plus particulièrement chez le Kakariki, l’hybridation est malheureusement une pratique que l’on croise fréquemment… Dans cet article, nous allons vous expliquer en quoi ce n’est pas une bonne chose, et pourquoi il est important de ne jamais accoupler ensemble un Kakariki à Front Rouge et un Kakariki à Front Jaune.

 

Avant toute chose, il convient de faire une différence très nette entre ce qu’est une mutation, et ce qu’est une hybridation.

 

 

  • La Mutation :

Une mutation est une modification du génome (c’est-à-dire des gènes) de l’animal. Elle se fait de façon parfaitement aléatoire, et l’humain n’y est strictement pour rien. La seule chose qui fait que nous ne voyons que très peu d’animaux mutants dans la nature est tout simplement la loi de la sélection naturelle. En effet, un animal d’une autre couleur que celle qui est propre à son espèce sera généralement moins performant en terme de prédation/protection (un lion blanc sera par exemple beaucoup plus visible pour ses proies, et un gnou blanc se verra beaucoup mieux dans la horde, et sera donc une cible bien plus facile).

 

En revanche, en captivité, l’humain va sélectionner les mutants afin de comprendre comment s’exprime et se transmet ladite mutation, et va reproduire ces animaux de façon à fixer ce gène mutant, et donc faire naitre des oisillons mutants.

 

Dans le cadre d’une mutation telle que nous l’entendons dans ce texte, nous parlons de la couleur de l’oiseau (pigmentation de la peau, des plumes, du bec, des yeux)… Mais les mutations peuvent aussi toucher d’autres gènes et être plus ou moins dangereuses pour la vie de l’animal, c’est pourquoi il convient de toujours faire très attention aux mutations sélectionnées !

 

  • L’hybridation :

L’hybridation consiste en un croisement de deux animaux d’espèces différentes.
Ainsi, un Kakariki Front Rouge par exemple, qu’il soit de mutation Lutino, Fallow, Turquoise ou Panaché, restera un Kakariki à Front Rouge. Seule sa couleur change, mais pas son espèce.

 

A contrario, accoupler un Kakariki à Front Rouge (Cyanoramphus novaezelandiae) avec un Kakariki à Front Jaune (Cyanoramphus auriceps) revient à faire naitre des oisillons issus de deux espèces différentes, et donc des hybrides.

 

A titre de comparaison, c’est aussi peu naturel que de croiser un Tigre avec un Lion, à la différence près que malheureusement, dans certains cas d’hybridation, les espèces sont suffisamment proches génétiquement pour donner des jeunes qui seront fertiles, ce qui est une catastrophe pour les espèces concernées, et qui est le cas d'ailleurs pour les Kakariki.

 

 

  • Pourquoi ne faut-il pas pratiquer l'hybridation ?

L’hybridation est une chose très néfaste pour la pureté génétique des espèces. En effet, le but en élevage est d’obtenir de bons représentants de chacune des espèces élevées, de travailler une espèce donnée pour obtenir des oiseaux sains, en bonne forme, et en mutation pour ceux qui les sélectionnent.

 

L’élevage permet aussi de conserver des souches pures d’animaux qui, s’ils venaient à disparaitre dans leur milieu naturel, pourraient alors être réintroduits, grâce au travail effectué par les éleveurs.

 

Cependant, si les gens continuent à hybrider dans tous les sens, alors on perd la pureté de l’espèce, et c’est ainsi que certaines espèces qui se trouvent en danger dans la nature ne pourront être réintroduites comme il le faut, ou seront composées d’hybrides, et l’espèce originelle sera perdue à jamais… Dommage n’est-ce pas, de perdre de belles espèces simplement parce que certains humains auront voulu jouer aux l’apprentis-sorciers ?

 

 

  • Le cas de l’hybridation chez le Kakariki

Vous aurez pu voir que l’appellation des différentes espèces communes du Kakariki commence toujours par « Kakariki » : Kakariki à Front Rouge, Kakariki à Front Jaune, Kakariki de Malherbe, Kakariki de Norfolk… Cependant, c’est parce qu’il s’agit d’espèces appartenant au même genre animal, le genre « Cyanoramphus »… Il ne faut pas imaginer que parce qu’ils s’appellent tous « Kakariki », ils ne forment qu’une seule et même espèce !
C’est d’ailleurs pour ça qu’ils sont nommés aussi différemment de façon commune. Ainsi, le Kakariki à Front Rouge est aussi appelé « Perruche de Sparrman », le Kakariki à Front Jaune « Perruche à Tête d’Or », le Kakariki à Front Orange « Perruche de Malherbe »…

 

A titre d’exemple, il existe plusieurs espèces de Hamster bien distinctes : le Hamster de Campbell, le Hamster de Roborovski… C’est le même cas chez le Kakariki, ainsi que chez d’autres genres animaliers, comme les Conures pour n’en citer qu’un autre, et il n’en reste pas moins que ce sont des espèces différentes, et pas une seule et même espèce avec des individus que l’on peut se permettre de croiser dans tous les sens à tout va !

 

Sur différent sites internet (notamment un et ses pseudo-spécialistes que vous trouverez malheureusement en tête de liste de Google), vous pourrez voir une apologie de l’hybridation chez le Kakariki. Attention de ne surtout pas vous laisser berner par leurs propos !

 

Leur grande argumentation pour cette horrible pratique qu’est l’hybridation ? Ils prétendent « recréer » le Kakariki à Front Orange. Ce Kakariki existe bel et bien, comme vous pouvez le voir sur les images présentes sur ce texte… Et vous pouvez voir la différence flagrante entre un hybride de Kakariki à Front Jaune et de Kakariki à Front Rouge, et un vrai Kakariki à Front Orange, ne serait-ce que par rapport aux couleurs !

 

Un Kakariki hybride entre un Front Jaune et un Front Rouge aura les plumes du bandeau et du front orangées, cette impression de couleur orangeatre étant donnée par un mélange de plumes rouges et de plumes jaunes).
Le vrai Kakariki à Front Orange (= Kakariki de Malherbe, Cyanoramphus malherbi) aura, quant à lui, un bandeau de plumes réellement oranges, et le front jaune… Absolument rien à voir donc !

 

Au-delà de cette comparaison qui se fait très facilement à l’œil, il serait bon de rappeler à ces généticiens de bas étages qu’on ne créait pas une espèce à partir de deux autres… Cela reviendrait grossièrement à dire qu’à partir d’un Tigre et d’un Lion, vous alliez « créer » une Panthère… Risiblement stupide comme idée, non ?

 

A ceci il est bon d’ajouter que le prix entre aussi en ligne de compte pour eux dans cette merveilleuse pratique de l’hybridation...

 

 

Je conclurai cet article en insistant sur le fait que le rôle d’un éleveur est avant tout de sélectionner une espèce afin qu’elle reste la plus pure, et en meilleure santé que possible, afin que, si jamais cette espèce venait à disparaitre dans son milieu naturel, nous puissions la réintroduire.

 

L’hybridation est un fléau qui pollue le patrimoine génétique de chaque espèce concernée, et il est de notre responsabilité à tous de militer pour que cette pratique cesse, et d’enlèver les hybrides du circuit de la reproduction (pas de les tuer bien sûr, mais de ne pas les faire reproduire), pour le bien de nos lignées, et de ces oiseaux que nous aimons tant.

 

 

2017  Elevage de la Vallée de Ròse-Aups